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élections 2010 : Les tigres en papier déchantent !

 

Bujumbura, le 27 /05/2010 (abarundi.bi)- Frappés de plein fouet  par le résultat provisoire qui donne une très large  victoire au CNDD-FDD, une partie des partis de l’opposition crient au valeur sans donner d’arguments que la CENI attend toujours. L’argument avancé : l’écart est trop élevé. Quel argument simpliste !  L’explication de cet écart est à chercher dans les villages et collines qui ont voté massivement le parti au pouvoir.

Ce qui est arrivé était prévisible en effet. Notre contributeur  DURUDI JEROME, dans sa livraison du 7 mai 2010 avait bien démontré la vulnérabilité des partis de l’opposition par la méthode d’élimination. Lisez l’article, il est encore d’actualité.

Bujumbura, le 07 /05/2010 (abarundi.bi)- Ces derniers temps, il n`y a aucune journée qui passe sans que les partis d`opposition et les sites qui leur sont associés critiquent les actions du Gouvernement. Ce qui est chose normale en démocratie par ailleurs.

Dans les grandes démocraties du monde, le rôle de l`opposition est de critiquer ce qui va mal pour inciter l`équipe au pouvoir de redresser le tir le cas échéant. Mais les buts recherchés ne sont pas les mêmes. Dans les vieilles démocraties en Europe et en Amérique du Nord, les critiques contre le pouvoir sont constructives et visent l`intérêt général de la population. Mais pour le cas singulier du Burundi, la plupart des critiques émanant de l`opposition visent à discréditer le parti au pouvoir sans se soucier de l`intérêt général du peuple. Ils ne ratent aucune occasion pour pointer du doigt ce qui va mal, mais en même temps ils ferment les yeux sur les actions réussies du Gouvernement qui sont pourtant nombreuses.

Aujourd`hui divisés à outrance, les partis d`opposition n`ont plus de projets de société à vendre. Certains d`entre eux comme le FRODEBU de Léonce NGENDAKUMANA anticipent déjà la perte des élections de cette année dans des termes à peine voilés. C`est ainsi que nous entendons de la part de ces partis des slogans moins élégants comme « le risque est grand qu`il n`y ait pas d`élections au Burundi en 2010 », « les élections risque d`être truquées », « le parti au pouvoir fait tout pour les gagner » et que sais-je encore.
Ce qui est étrange dans tout cela, c`est qu`aucun de ces partis et sites associés ne donne aucune alternative sur la formation politique en mesure de prendre la place du CNDD-FDD. « Le CNDD-FDD va perdre les élections » est la phrase vedette de ses détracteurs.
Mais jamais « le parti X va gagner les élections ». Je les comprends parce que le parti x n`existe pas.

Le contexte politique actuel donne un avantage politique au CNDD-FDD par rapport à ses concurrents et voici comment : Procédons par le principe de l`élimination :

1- Le FRODEBU
s`est scindé en deux ailes rivales ; ce qui diminue de plus de la moitié ses chances de gagner les élections de 2010.
Les deux frères ennemis vont se partager la petite portion de l`électorat que le parti de « NDADAYE » a pu gagner en 2005. Au niveau de la cuisine intérieure, les anciens de ce parti n’ont pas encore digéré la nomination de Monsieur Domitien NDAYIZEYE pour les représenter à la course présidentielle. Ce fut une course à la montre car si le fils de KAYANZA avait trainé les pieds un peu, un autre cadre du FRODEBU aurait été désigné. D’autres se méfient du noyau qui dirige ce parti dans l’ombre et qui est constitué d’anciens réfugiés au Rwanda avec NGANDAKUMANA à la tête. Les cadres du FRODEBU qui ont évolué au BURUNDI et ailleurs qu’au RWANDA sont exclus de ce noyau dur. Ce qui justifie le départ massif des Frodebistes vers d’autres partis politiques. Pour toutes ces raisons, le FRODEBU est éliminé.

2- Le CNDD de NYANGOMA est un parti mineur condamné à rester dans l`opposition parce que l`homme lui-même est imbibé d`une grande dose de régionalisme. Certains l`appellent d`ailleurs le ROI DE SONGA. La puissance de son parti n`existe que dans sa tête uniquement. D`ailleurs certains membres de la diaspora, fatigués de soutenir un homme qui ne progresse pas sur le terrain commencent à se retirer un à un. Ils s`éclipsent sans dire au revoir à leur chef. Le but étant d`éviter de lui faire un mauvais coup médiatique. Vous aurez déjà constaté que les sites qui étaient chargés d`assurer sa promotion tournent actuellement au ralenti. Les bénévoles qui s`occupent de la gestion quotidienne de ces sites sont aussi fatigués de soutenir un homme  en chute libre comme un fruit arrivé à maturité. Un de ses idéologues et lieutenants politiques basé à OTTAWA a quitté le Parti de NYANGOMA l’année dernière. Il s’agit de Monsieur Pacifique MANIRAKIZA. Celui-ci  accuse NYANGOMA de régionaliste. Il a pris trop de temps à faire ce constat, mais il l`a fait quand même. Une chose est certaine, le Parti de Nyangoma récoltera moins de votes qu’en 2005 pour une raison très simple : quelques personnalités originaires de BURURI se sont rangées du coté du CNDD-FDD. Il s’agit entre autres de Monsieur Festus NTANYUNGU, Monsieur NZOJIBWAMI et de Jean Bosco NDAYIKENGURUKIYE. Les trois vont grignoter une partie de l’électorat traditionnel de NYANGOMA à BURURI et plus particulièrement à SONGA.  Pour les raisons ci-dessus, le CNDD de NYANGOMA est aussi disqualifié de la course.

3- L`UPRONA compte sur une partie de l`électorat tutsi comme en 2005. Aujourd`hui l`ancien parti de RWAGASORE devra partager son électorat traditionnel avec le CNDD-FDD qui compte à son sein plusieurs Tutsi modérés qui ne sont plus attirés par l’hameçon ethnique. C`est inutile ici de dire que l`UPRONA ne va pas gagner les élections de 2010 puisqu`il le sait lui-même. Son objectif aujourd`hui étant de garder intact le score de 2005. Mais là aussi, le match n’est pas gagné d’avance car le MSD, le PARENA, MRC et d’autres partis d’obédience tutsi espèrent  récolter des voix dans le même électorat.

L’UPRONA vient de désigner Yves SAHINGUVU comme candidat aux élections présidentielles. Le choix porté à cet homme n’est pas gratuit. Personne au sein de la hiérarchie de l’UPRONA n’a  voulu mettre la main dans les poches pour payer les 15 millions de caution. SAHINGUVU  qui est aux affaires a visiblement accepté de sacrifier les 15  millions, sauf que certains observateurs avertis pensent que l’actuel Premier Vice-président  va se retirer de la course présidentielle quelque part entre le 21 et le 25 mai 2010 juste après les communales. 
Sa stratégie viserait à soutenir le candidat du CNDD-FDD afin de pouvoir garder son poste.
Cependant, l’homme de BUKEYE oublie  également que le poste qu’il occupe ne revient pas automatiquement à l’UPRONA. Il peut provenir d’un autre parti, pourvu qu’il soit de l’ethnie Tutsi et du parti différent de celui du Chef de l’Etat. L`UPRONA est donc éliminé sur la liste des partis susceptibles de gagner.

4- Le FNL peine à élaborer son projet de société et à mettre en place une stratégie nationale qui lui permettrait d`embarquer dans la logique politique actuelle. Lorsqu`il a été fondé en 1980, son appellation était justifiée parce qu`effectivement les HUTU étaient exclus de toutes sphères du pouvoir (militaire et politique). Aujourd`hui les choses ont changé.
Les Hutu et les Tutsi se retrouvent dans le pouvoir actuel. Un autre facteur qui vient affaiblir RWASA est le départ de ses principales grosses pointures très influentes dans la région de l’IMBO. Il s’agit entre autres de Monsieur Kenese et Pasteur HABIMANA qui   ont finalement décidé  de fonder leur propre parti. L’on se souviendra qu’en 2005, le FRODEBU avait réalisé un bon score dans l’IMBO grâce à l`intimidation des FNL. Aujourd’hui, l’on peut affirmer sans risque de se tromper que le parti de KENESE va grignoter sur l’électorat qui était favorable aux FNL avant la scission.
Ce qui m`amène à conclure que ce parti a peu de chances de marquer des points.

5- L’UPD est en perte de vitesse. Son vrai patron téléguide les activités de ce parti à partir de la prison centrale de MPIMBA. Deux événements récents ont sérieusement affecté le moral des militants du Parti de Rajabu HUSSEIN. Le premier n’est autre que l’élection d’une femme pour représenter les couleurs de l’UPD aux élections présidentielles. Les vieux militants, pour la plupart des musulmans, n’ont pas bien accueilli l’élection de Madame Pascaline KAMPAYANO compte de la place réservée aux femmes dans la culture musulmane.  L’autre événement et pas le moindre, ce sont les récentes révélations accablantes de Jean Bigirimana sur l’UPD et Radjabu. L’ancien ministre des Transports, Postes et Télécommunications  a jeté le pavé dans la marre du parti UPD, en dévoilant l’idéologie cachée de Hussein Radjabu et de son parti qui semble se méfier des chrétiens. Pour ces raisons, l’UPD a déjà perdu la bataille.
Le taux de grignotage dans l’électorat du CNDD-FDD sera moindre.

6- Les 39 partis politiques restants sur ma liste n`existent que sur papier et il n’est pas nécessaire de les mentionner ici. Ce qui permettra à nos lectures de faire l’économie du temps et d’énergie.
Alors qui reste après ce jeu d`élimination ? Devinette d`enfant !


JEROME DURUDI


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